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août 30, 2026

Bisphénol A (BPA) : dans quels aliments et emballages le retrouver ?

Le bisphénol A, souvent désigné par son sigle BPA, est une substance chimique longtemps utilisée dans certains plastiques, résines et revêtements destinés notamment au contact alimentaire. La question de sa présence dans les aliments préoccupe légitimement les consommateurs : boîtes de conserve, bouteilles réutilisables, contenants en plastique, bocaux avec couvercle métallique ou encore distributeurs d’eau

Bisphénol A (BPA) : dans quels aliments et emballages le retrouver ?

Le bisphénol A, souvent désigné par son sigle BPA, est une substance chimique longtemps utilisée dans certains plastiques, résines et revêtements destinés notamment au contact alimentaire. La question de sa présence dans les aliments préoccupe légitimement les consommateurs : boîtes de conserve, bouteilles réutilisables, contenants en plastique, bocaux avec couvercle métallique ou encore distributeurs d’eau font partie des produits régulièrement cités. Pourtant, tous les emballages plastiques ne contiennent pas du BPA et les réglementations françaises et européennes ont fortement évolué ces dernières années.

Comprendre où le BPA peut se trouver permet d’adopter des habitudes raisonnables, sans tomber dans l’inquiétude excessive. Son éventuelle migration vers les aliments dépend en effet de la nature du matériau, de la température, de la durée de contact et du type d’aliment stocké. Cet article fait le point sur les aliments et emballages concernés, les règles applicables, les réflexes utiles au quotidien et les alternatives à privilégier pour limiter son exposition.

Qu’est-ce que le bisphénol A et pourquoi suscite-t-il autant d’attention ?

Bisphénol A (BPA) : dans quels aliments et emballages - Qu’est-ce que le bisphénol A et pourquoi suscite-t-il autant d’attention ?

Le bisphénol A est une molécule de synthèse utilisée depuis plusieurs décennies dans la fabrication de deux grandes familles de matériaux : les plastiques en polycarbonate et les résines époxy. Le polycarbonate est un plastique dur, transparent et résistant aux chocs. Les résines époxy, quant à elles, servent notamment de revêtement protecteur à l’intérieur de certains emballages métalliques. Elles évitent que le métal entre directement en contact avec les aliments et contribuent à limiter la corrosion.

Le BPA est étudié de près car il est classé parmi les perturbateurs endocriniens suspectés ou avérés selon les cadres d’évaluation. Un perturbateur endocrinien est une substance capable d’interférer avec le fonctionnement hormonal de l’organisme. Les nourrissons, les jeunes enfants et les femmes enceintes font l’objet d’une attention particulière, même si la réduction de l’exposition concerne l’ensemble de la population.

La migration du BPA vers les denrées alimentaires

Le BPA ne se trouve pas nécessairement dans l’aliment lui-même à l’origine. Lorsqu’il est détecté, il peut provenir d’une migration depuis le matériau qui contient, protège ou transporte la denrée. Cette migration est influencée par plusieurs facteurs physiques et chimiques. Chauffer un contenant, conserver longtemps un produit ou placer un aliment gras dans certains matériaux peut favoriser le transfert de molécules vers la nourriture.

Il importe donc de distinguer la présence potentielle de BPA dans un emballage de l’exposition alimentaire réelle. Les autorités sanitaires évaluent les risques en tenant compte des niveaux mesurés dans les aliments, des habitudes de consommation et des populations les plus sensibles. Les recommandations réglementaires sont régulièrement révisées à mesure que les connaissances scientifiques progressent.

Une réglementation devenue beaucoup plus stricte

En France, le bisphénol A est interdit dans les contenants alimentaires depuis 2015, à la suite de mesures nationales pionnières. À l’échelle européenne, le cadre s’est également durci. Fin 2024, l’Union européenne a adopté un règlement visant à interdire le BPA dans les matériaux et objets destinés à entrer en contact avec les denrées alimentaires, avec des périodes transitoires prévues pour certains usages et certaines chaînes de production. Cette évolution concerne notamment les vernis, revêtements, plastiques et autres matériaux en contact avec les aliments.

Dans la pratique, des produits fabriqués avant l’entrée en application complète des nouvelles règles peuvent encore circuler durant les périodes de transition autorisées. Les consommateurs ont donc intérêt à connaître les emballages historiquement concernés, tout en gardant à l’esprit que la présence de BPA dans les produits neufs est de plus en plus encadrée.

Dans quels aliments le BPA peut-il être retrouvé ?

Le BPA est davantage associé à certains modes de conditionnement qu’à des catégories d’aliments précises. Ce sont surtout les aliments ayant séjourné dans un emballage doté d’un revêtement contenant du BPA qui ont pu être concernés par le passé. Les conserves, les plats préparés en boîte et certains bocaux fermés par un couvercle métallique ont longtemps été au centre des analyses.

Les conserves et les aliments en boîte métallique

Les boîtes de conserve peuvent recevoir une fine couche de résine à l’intérieur afin de protéger la denrée et le métal. Historiquement, certaines de ces résines époxy reposaient sur le bisphénol A. Les légumes en conserve, les soupes, les sauces tomate, les plats cuisinés, les poissons en boîte ou les légumineuses conditionnées dans du métal pouvaient donc être concernés selon leur date de fabrication, leur pays d’origine et la technologie employée par le fabricant.

Les aliments acides, comme les tomates, les sauces au vinaigre, certains fruits ou préparations citronnées, peuvent être plus exigeants pour le revêtement intérieur d’une boîte. Les matières grasses, présentes par exemple dans les sardines à l’huile, les pâtés ou certains plats cuisinés, sont elles aussi prises en compte dans les études de migration. Cela ne signifie pas qu’une conserve est automatiquement dangereuse, mais explique pourquoi les industriels doivent utiliser des matériaux adaptés et conformes.

Les bocaux, couvercles et préparations industrielles

Un bocal en verre est, par nature, une option intéressante car le verre est inerte au contact des aliments. Toutefois, son couvercle métallique peut comporter un joint ou un vernis intérieur. Selon les générations de produits et les marchés, ces éléments ont pu intégrer des substances issues de la famille du BPA. Les confitures, compotes, sauces, légumes marinés et aliments pour bébé en bocal ont ainsi fait partie des produits surveillés au fil des années.

Les préparations industrielles conditionnées dans des emballages complexes, associant métal, plastique, carton et film protecteur, peuvent également contenir différents composants techniques. Le consommateur ne peut pas déduire la composition exacte d’un revêtement à partir de la seule apparence de l’emballage. Il peut en revanche privilégier les marques communiquant clairement sur l’absence de BPA et sur la conformité de leurs matériaux au contact alimentaire.

  • Produits historiquement les plus concernés : conserves métalliques, canettes revêtues, plats cuisinés en boîte et certains couvercles de bocaux.
  • Produits à examiner selon leur contenant : sauces, soupes, légumes en conserve, poisson en boîte, compotes et préparations prêtes à consommer.
  • Produits naturellement moins concernés : fruits et légumes frais, aliments achetés en vrac, produits stockés dans du verre sans revêtement problématique.

Quels emballages peuvent contenir ou avoir contenu du BPA ?

Bisphénol A (BPA) : dans quels aliments et emballages - Quels emballages peuvent contenir ou avoir contenu du BPA ?

Le BPA n’est pas synonyme de plastique en général. Il est essentiel d’éviter ce raccourci : de nombreux plastiques alimentaires sont fabriqués sans bisphénol A. Les matériaux les plus souvent associés à cette substance sont le polycarbonate rigide et certaines résines époxy utilisées comme barrière de protection sur des surfaces métalliques.

Le polycarbonate : bouteilles, carafes et contenants rigides

Le polycarbonate a été employé dans certains contenants transparents, robustes et réutilisables : gourdes anciennes, bonbonnes d’eau, pichets, boîtes de conservation, ustensiles ou équipements de cuisine professionnelle. Il a aussi été utilisé dans certains biberons avant que son usage ne soit interdit dans les biberons destinés aux nourrissons dans l’Union européenne.

Un indice parfois évoqué est le code de recyclage 7, inscrit dans un triangle sur certains objets en plastique. Cependant, ce code désigne une catégorie très large appelée « autres plastiques » : il ne permet pas d’affirmer qu’un objet contient du BPA. À l’inverse, l’absence de code 7 ne constitue pas une garantie universelle. La mention « sans BPA » est plus informative, à condition qu’elle provienne d’un fabricant identifiable et concerne bien l’usage alimentaire du produit.

Les revêtements époxy des emballages métalliques

Les résines époxy constituent le point de vigilance principal pour les emballages métalliques. Elles peuvent être appliquées à l’intérieur des boîtes de conserve, des capsules, de certains couvercles et parfois de réservoirs ou équipements de transformation alimentaire. Leur rôle technique est utile : elles empêchent l’altération du métal, préservent la qualité organoleptique du produit et améliorent sa durée de conservation.

Le remplacement du BPA dans ces applications n’est pas toujours simple, car les alternatives doivent rester efficaces face à l’acidité, aux graisses, à la stérilisation et à des durées de stockage parfois longues. Les fabricants développent donc d’autres vernis et résines, dont la conformité doit elle aussi être évaluée. Une mention « sans BPA » ne dispense pas de cette exigence : une substitution doit être sûre, adaptée et conforme à la réglementation.

Type d’emballageAssociation historique avec le BPAConseil pratique
Boîte de conserve métalliquePossible via le vernis intérieur en résine époxyVarier les modes de conservation et privilégier les marques transparentes sur leurs revêtements.
Bocal en verre avec couvercle métalliquePossible au niveau du joint ou du revêtement du couvercleLe verre est un bon choix ; vérifier les informations du fabricant pour le couvercle.
Gourde ou contenant plastique rigide ancienPossible s’il est en polycarbonateRemplacer les objets usés, rayés ou non identifiés par de l’inox, du verre ou un plastique certifié sans BPA.
Barquette souple, film alimentaire ou bouteille PETPas typiquement associés au BPARespecter les consignes d’usage, surtout pour le chauffage au micro-ondes.
Canette de boissonPossible historiquement via le revêtement intérieurConsommer avec modération et varier avec l’eau du robinet ou des boissons en bouteille en verre.

Comment limiter son exposition au BPA au quotidien ?

Réduire son exposition ne suppose pas de jeter tous ses emballages ni de supprimer les conserves de son alimentation. Une démarche utile consiste à diversifier les contenants et à éviter les pratiques qui augmentent inutilement les migrations chimiques. Ces gestes sont simples, compatibles avec un budget courant et bénéfiques pour une consommation plus durable.

Éviter la chaleur dans les plastiques non prévus à cet effet

La chaleur est un facteur important. Il est préférable de ne pas réchauffer un plat dans un contenant plastique si celui-ci ne porte pas explicitement une indication de compatibilité micro-ondes. De même, éviter de laisser une gourde ou une bouteille en plastique dans une voiture très chaude pendant plusieurs heures est une mesure de précaution pertinente. Pour les boissons chaudes et les soupes, les contenants en inox, en verre ou en céramique sont souvent des solutions faciles à adopter.

L’état du contenant compte également. Un plastique rayé, terni, déformé ou ancien peut être remplacé, surtout s’il est utilisé fréquemment avec des aliments chauds. Il faut aussi respecter les consignes de lavage du fabricant : certains articles ne sont pas conçus pour le lave-vaisselle, dont les cycles à haute température peuvent accélérer leur vieillissement.

Privilégier la variété et les aliments peu transformés

Une alimentation variée réduit mécaniquement la répétition des expositions liées à une même source. Alterner légumes frais, surgelés, en bocal et en conserve est une stratégie équilibrée. Les conserves restent par ailleurs pratiques, économiques et intéressantes sur le plan nutritionnel, notamment pour les légumineuses, les poissons ou les tomates hors saison. L’objectif est de ne pas dépendre exclusivement d’un seul type d’emballage.

  • Transvaser les restes d’une boîte de conserve dans un récipient en verre ou en inox plutôt que de les conserver dans la boîte ouverte.
  • Choisir, lorsque cela est possible, des bocaux en verre, des produits frais ou des aliments surgelés non conditionnés dans des barquettes complexes.
  • Ne pas verser de boisson très chaude dans une gourde en plastique dont les instructions d’utilisation ne le prévoient pas.
  • Préférer les contenants réutilisables identifiés, en bon état et adaptés au contact alimentaire.
  • Lire les mentions « sans BPA » comme un critère parmi d’autres, sans négliger la qualité globale et l’usage prévu du contenant.

Comment lire les étiquettes et choisir des alternatives fiables ?

Bisphénol A (BPA) : dans quels aliments et emballages - Comment lire les étiquettes et choisir des alternatives fiables ?

Les informations figurant sur les emballages peuvent aider, mais elles ne sont pas toujours suffisantes pour connaître la composition détaillée d’un revêtement. La mention « sans BPA » est utile lorsqu’elle est clairement affichée par une marque fiable. Elle indique généralement que le bisphénol A n’a pas été intentionnellement utilisé dans le produit concerné. Elle ne renseigne toutefois pas automatiquement sur toutes les autres substances présentes.

Les matériaux à privilégier pour la conservation

Pour conserver les aliments à la maison, le verre est une valeur sûre : il ne retient ni les odeurs ni les colorations et supporte bien de nombreux usages, sous réserve de respecter sa résistance thermique. L’acier inoxydable convient parfaitement aux gourdes, boîtes-repas et ustensiles. La céramique peut être intéressante pour le service et le réchauffage, à condition que les objets soient destinés à un usage alimentaire et que leur émail soit de bonne qualité.

Les plastiques alimentaires modernes ont également leur place, notamment pour leur légèreté et leur résistance. L’essentiel est de les choisir auprès de fabricants identifiables, de vérifier leur destination alimentaire et de ne pas détourner leur usage. Une boîte destinée au stockage à froid n’est pas forcément adaptée à la cuisson ou au micro-ondes.

Les questions à poser avant un achat

Avant d’acheter une gourde, une boîte hermétique ou un contenant pour enfant, quelques questions simples permettent de faire un choix éclairé. Le produit est-il explicitement prévu pour les aliments ? Supporte-t-il les boissons chaudes ou le passage au micro-ondes ? Le fabricant indique-t-il les matériaux utilisés ? L’article est-il en bon état et facile à nettoyer ? Ces critères sont souvent plus concrets et plus utiles qu’un message marketing isolé.

Pour les conserves et les bocaux, il est possible de consulter les sites des marques ou de contacter leur service consommateur. De nombreux fabricants communiquent aujourd’hui sur leurs vernis intérieurs et sur leurs démarches de conformité. Cette transparence est particulièrement pertinente pour les familles qui consomment souvent des aliments conditionnés.

Ce qu’il faut savoir sur les autres sources de BPA

Le BPA ne concerne pas uniquement l’alimentation. Il a notamment été utilisé dans certains papiers thermiques, comme les anciens tickets de caisse, reçus de carte bancaire ou étiquettes thermiques. Dans ce cas, l’exposition se fait principalement par contact cutané, et non par ingestion alimentaire. La réglementation européenne a aussi limité l’usage du BPA dans le papier thermique.

Le sujet rappelle qu’une approche globale est préférable. Se laver les mains avant de cuisiner ou de manger, limiter la manipulation inutile de tickets thermiques et éviter de les laisser à portée des jeunes enfants constituent de bonnes habitudes. Il ne faut cependant pas confondre les sources : un ticket de caisse n’est pas un emballage alimentaire, et le fait de choisir du verre pour ses restes ne remplace pas les mesures d’hygiène courantes.

Enfin, l’absence de BPA ne signifie pas forcément absence totale de substances chimiques. Tous les matériaux en contact avec les aliments doivent répondre à des exigences de sécurité, mais les connaissances scientifiques et les réglementations évoluent. La meilleure stratégie consiste donc à privilégier la sobriété dans les emballages, la diversité alimentaire, les produits peu transformés et un usage adapté des contenants disponibles.

Conclusion : adopter une démarche pratique plutôt qu’anxiogène

Le bisphénol A a surtout été associé aux revêtements intérieurs de certaines boîtes métalliques, aux couvercles de bocaux et à des objets rigides en polycarbonate. Grâce aux interdictions françaises et au renforcement récent du cadre européen, son utilisation dans les matériaux au contact des aliments est désormais beaucoup plus limitée. Cette évolution réglementaire répond aux préoccupations sanitaires et pousse les fabricants à développer des solutions de remplacement.

Au quotidien, l’approche la plus efficace reste simple : varier les aliments et leurs conditionnements, éviter de chauffer des plastiques non prévus à cet usage, renouveler les contenants abîmés et privilégier le verre ou l’inox lorsque cela est pratique. Les conserves ne doivent pas être bannies : elles rendent de nombreux aliments accessibles, se conservent longtemps et peuvent s’intégrer à une alimentation équilibrée. En restant attentif aux informations des fabricants et aux recommandations des autorités, chacun peut réduire son exposition potentielle au BPA de façon raisonnée, sans compliquer inutilement ses habitudes alimentaires.

À retenir

  • Le BPA a surtout été utilisé dans les résines époxy des boîtes métalliques et dans certains contenants rigides en polycarbonate.
  • La France interdit le BPA dans les contenants alimentaires depuis 2015, et l’Union européenne a adopté une interdiction élargie avec des périodes transitoires.
  • Pour réduire l’exposition, privilégiez des contenants adaptés, évitez de chauffer des plastiques non conçus pour cela et variez les modes de conservation.
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