Le poids idéal est une notion souvent recherchée pour se situer, suivre une évolution corporelle ou définir un objectif de santé. Pourtant, il n’existe pas un chiffre universel qui conviendrait à toutes les personnes. L’âge, la taille, le sexe, la morphologie, la masse musculaire, les antécédents médicaux et le niveau d’activité physique influencent tous le poids auquel une personne se sent bien et fonctionne durablement.
Les formules de Lorentz, Creff et Monnerot-Dumaine proposent des estimations du poids théorique en tenant compte de critères différents. Elles sont utiles pour obtenir un repère simple, notamment lorsque l’on souhaite comparer plusieurs approches. Elles ne remplacent toutefois ni un diagnostic médical ni une évaluation globale de la santé. Découvrez le fonctionnement de ces calculs, leurs avantages, leurs limites et la bonne manière d’interpréter les résultats sans faire du chiffre affiché par la balance une obsession.
Le poids idéal : un indicateur à remettre dans son contexte

Pourquoi le poids idéal ne se résume pas à un nombre
Parler de poids idéal peut laisser penser qu’une seule valeur serait souhaitable pour chaque taille. Dans la réalité, il est plus pertinent de parler de plage de poids de forme. Deux personnes de même taille peuvent avoir des silhouettes, des proportions et une composition corporelle très différentes. Une personne sportive, par exemple, peut peser davantage en raison d’une masse musculaire développée, sans présenter d’excès de masse grasse.
Le poids évolue aussi naturellement au cours de la vie. La grossesse, la ménopause, certaines maladies, les traitements médicamenteux, le stress, le sommeil ou un changement majeur d’activité physique peuvent modifier la silhouette. Le poids de forme correspond donc davantage à une zone stable, compatible avec une alimentation équilibrée, de l’énergie au quotidien et une bonne qualité de vie, qu’à un objectif rigide.
Les critères complémentaires à observer
Avant de tirer une conclusion à partir d’une formule, il est utile d’examiner plusieurs indicateurs. Ils donnent une vision plus complète que le seul poids en kilogrammes :
- l’indice de masse corporelle ou IMC, calculé à partir du poids et de la taille ;
- le tour de taille, qui renseigne sur la répartition de la masse grasse abdominale ;
- la composition corporelle, notamment la proportion de muscle, de graisse et d’eau ;
- la stabilité du poids sur plusieurs semaines ou plusieurs mois ;
- la condition physique, le niveau de fatigue, le sommeil et le rapport à l’alimentation.
Chez l’adulte, un IMC compris entre 18,5 et 24,9 est généralement considéré comme une zone de corpulence dite normale selon les repères internationaux. Cependant, cet outil ne distingue pas le muscle de la graisse et doit être interprété avec prudence chez les sportifs, les seniors, les femmes enceintes et les adolescents.
La formule de Lorentz : une estimation simple selon la taille
Comment calculer le poids idéal avec Lorentz
La formule de Lorentz est l’une des méthodes les plus connues. Elle part de la taille et introduit une correction différente selon le sexe. Elle se calcule ainsi :
- Pour une femme : taille en cm − 100 − ((taille en cm − 150) / 2)
- Pour un homme : taille en cm − 100 − ((taille en cm − 150) / 4)
Pour une femme mesurant 165 cm, le calcul est le suivant : 165 − 100 − ((165 − 150) / 2). On obtient 65 − 7,5, soit un poids théorique d’environ 57,5 kg. Pour un homme de 180 cm : 180 − 100 − ((180 − 150) / 4), soit 80 − 7,5 = 72,5 kg.
Les atouts et les limites de la méthode
L’intérêt principal de Lorentz est sa simplicité. Aucun matériel ni donnée complexe ne sont nécessaires : la taille et le sexe suffisent. Cette formule donne donc un premier point de comparaison rapide. Elle peut être utile dans un cadre informatif ou pour comprendre pourquoi deux personnes de même taille n’obtiennent pas forcément la même estimation.
En revanche, elle ne tient pas compte de l’âge, de l’ossature ni de la masse musculaire. Elle peut ainsi sous-estimer le poids de forme d’une personne très musclée ou, à l’inverse, ne pas refléter les besoins d’une personne âgée ayant perdu de la masse maigre. Son résultat doit être envisagé comme une indication théorique et non comme un objectif impératif à atteindre.
La formule de Creff : une méthode adaptée à la morphologie

Les trois profils pris en compte par Creff
La formule de Creff est plus personnalisée que celle de Lorentz, car elle intègre la taille, l’âge et la morphologie. Elle distingue trois profils : la personne à morphologie normale, gracile ou large. Le choix du profil reste subjectif, mais cette approche rappelle utilement que l’ossature et la corpulence naturelle ont une influence sur le poids de référence.
Les calculs de Creff sont les suivants :
- Morphologie normale : (taille en cm − 100 + âge / 10) × 0,9
- Morphologie gracile : résultat de la formule normale × 0,9
- Morphologie large : résultat de la formule normale × 1,1
Imaginons une femme de 40 ans mesurant 165 cm. Pour une morphologie normale : (165 − 100 + 4) × 0,9 = 69 × 0,9, soit 62,1 kg. Avec une morphologie gracile, le résultat descend à environ 55,9 kg. Pour une morphologie large, il monte à environ 68,3 kg. Cette amplitude illustre bien l’intérêt de raisonner en fourchette plutôt qu’en valeur absolue.
Bien choisir sa catégorie morphologique
La difficulté de la formule de Creff concerne l’évaluation de la morphologie. Il ne s’agit pas de se juger dans un miroir ni de confondre une prise de poids récente avec une ossature naturellement plus large. Une personne ayant des épaules larges, une structure osseuse robuste ou une corpulence naturellement plus dense peut se rapprocher du profil large. À l’inverse, une ossature fine et une silhouette naturellement menue peuvent orienter vers le profil gracile.
En cas de doute, il est préférable de calculer les trois résultats. La plage obtenue devient alors un repère réaliste. Elle évite de chercher à atteindre un poids trop bas, parfois difficile à maintenir et potentiellement défavorable à la santé ou à la relation avec l’alimentation.
La formule de Monnerot-Dumaine : intégrer l’ossature
Le principe du calcul
La formule de Monnerot-Dumaine se démarque par la prise en compte du tour de poignet. Cet indicateur vise à apprécier l’ossature d’une personne. Son calcul est le suivant : taille en cm − 100 + (4 × tour de poignet en cm) / 2. Il faut mesurer le poignet au niveau le plus fin, avec un mètre ruban souple, sans serrer excessivement.
Pour une personne de 170 cm avec un tour de poignet de 16 cm, le calcul est : 170 − 100 + (4 × 16) / 2. Cela donne 70 + 32, soit un poids théorique de 102 kg. Cette formule peut produire des résultats sensiblement plus élevés que Lorentz ou Creff ; elle doit donc être interprétée avec encore plus de recul et ne constitue pas une recommandation pondérale individualisée.
Pourquoi les résultats peuvent varier fortement
Les écarts entre les formules ne signifient pas qu’une méthode est forcément juste et les autres fausses. Elles reposent sur des hypothèses différentes. Lorentz privilégie la taille et le sexe, Creff ajoute l’âge et la morphologie, tandis que Monnerot-Dumaine valorise l’ossature à travers le tour de poignet. Plus une formule introduit de variables, plus elle peut sembler personnalisée, mais cela ne garantit pas une précision médicale.
| Formule | Données utilisées | Point fort | Limite principale |
|---|---|---|---|
| Lorentz | Taille et sexe | Calcul rapide et accessible | Ignore l’âge et la morphologie |
| Creff | Taille, âge et morphologie | Propose une fourchette selon la corpulence | Choix du profil subjectif |
| Monnerot-Dumaine | Taille et tour de poignet | Intègre une estimation de l’ossature | Résultats parfois très élevés ou peu cohérents |
Comparer plusieurs résultats est plus judicieux que de retenir aveuglément le chiffre le plus bas ou le plus élevé. Si une estimation est très éloignée de votre poids stable, de votre silhouette habituelle ou de votre état de santé, elle mérite d’être relativisée.
Comment interpréter les formules et viser un poids de forme durable
Utiliser les calculs comme des repères
Les formules de poids idéal gagnent à être utilisées comme des outils de réflexion. Elles peuvent aider à définir un intervalle de référence, mais ne doivent jamais imposer une norme esthétique ou déclencher un régime restrictif. Un écart de quelques kilos par rapport à une estimation n’a pas nécessairement de conséquence négative, surtout si les examens de santé sont satisfaisants et que les habitudes de vie sont équilibrées.
Si vous souhaitez modifier votre poids, privilégiez une démarche progressive. Une perte trop rapide favorise la fatigue, la fonte musculaire et l’effet yo-yo. Dans de nombreux cas, un rythme modéré, associé à des changements réalistes, est plus durable qu’un objectif chiffré ambitieux fixé en quelques semaines.
Des actions concrètes pour soutenir sa santé
Plutôt que de chercher uniquement à atteindre le résultat de Lorentz, Creff ou Monnerot-Dumaine, concentrez-vous sur des habitudes mesurables et pérennes :
- composer des repas variés avec des légumes, des protéines, des féculents complets et des matières grasses de qualité ;
- pratiquer une activité physique adaptée, en combinant idéalement endurance, mobilité et renforcement musculaire ;
- préserver un sommeil régulier, car le manque de repos influence la faim et la récupération ;
- éviter les restrictions extrêmes et les suppressions d’aliments sans raison médicale ;
- suivre l’évolution sur plusieurs mois plutôt que de se peser compulsivement chaque jour.
Un professionnel de santé, un médecin ou un diététicien-nutritionniste peut proposer une analyse plus fiable en tenant compte du contexte médical, des habitudes alimentaires, de la composition corporelle et des objectifs personnels. Cette consultation est particulièrement recommandée en cas de variation rapide et involontaire du poids, de trouble du comportement alimentaire, de maladie chronique ou de grossesse.
Conclusion : privilégier la santé à un chiffre théorique
Les formules de Lorentz, Creff et Monnerot-Dumaine offrent trois manières d’estimer un poids idéal. Lorentz est simple et rapide, Creff apporte une nuance liée à l’âge et à la morphologie, tandis que Monnerot-Dumaine tente d’intégrer l’ossature grâce au tour de poignet. Leurs résultats peuvent différer fortement, ce qui confirme qu’aucune formule ne peut définir à elle seule le poids parfait d’une personne.
Le meilleur repère reste un poids de forme compatible avec une bonne énergie, une alimentation sereine, une activité physique régulière et des indicateurs de santé satisfaisants. Au lieu de poursuivre un nombre précis, envisagez ces méthodes comme un point de départ pour mieux comprendre votre corpulence. En cas de question, d’objectif de perte de poids ou de doute sur votre santé, l’accompagnement d’un professionnel reste la solution la plus pertinente et la plus sécurisante.
- La formule de Lorentz donne une estimation rapide à partir de la taille et du sexe, mais elle ne tient pas compte de la morphologie.
- La formule de Creff est utile pour obtenir une fourchette, car elle intègre l’âge et distingue les morphologies gracile, normale et large.
- Un poids de forme durable se juge aussi avec l’IMC, le tour de taille, la composition corporelle et le bien-être global.
